Que faire pour les régionales ? laissez les professionnels de la politique nous rouler dans la farine ? Perdre encore des années pour remettre la Réunion sur les bons rails ? Avons-nous les moyens d'attendre ? Un million d'habitants et 250 mille seniors nous le diront sous peu. Il faut agir en sachant cela.
Je vous invite à découvrir deux enjeux: Il faut savoir, réchauffement ou pas de la planète, que la gestion de l'eau et des énergies seront au centre de nos préoccupations avant 10 ans et liés aux 3 secteurs locomotives (BTP, le 3eme secteur). Le développement de l'économie réunionnaise aujourd'hui c'est avant tout le tourisme puis la filière canne à sucre. Or ces deux secteurs sont soumis à déjà d'autresvariables qui peuvent rapidement tourner au cauchemar. Le chikungunya (ou makondée) a démontré comment en quelques semaines notre économie touristique a été sinistrée. Pour la filière canne, il suffit de deux années de sécheresse ou d'un seul cyclone pour nous toucher économiquement. Le sinistre écologique à venir, provoqué par la mouche bleue sur les productions fruitières et l'apiculture n'est pas en reste. D'autres réponses sont à développer: les tourismes affinitaire et local sont deux voies à ne pas négliger. Pour la canne, la richesse peut chuter et au bout de trois ans à ce rythme, provoquer le désintéressement envers cette production, ajoutez-y la réduction des surfaces agricoles, et la filière sucre risque de s'évanouir pour ne garder que celle de la bagasse comme énergie. Il faut retrouver l'excellence dans nos cultures: du café, du vétyver, du géranium, du tabac, du lechi, de la banane, des ananas, de la lentille, du riz, des fruits (le pastèque entre 25 à 75€ l'unité, est symptomatique de la dérive des prix), au moins pour le marché local. Mais les marchés asiatiques seraient prêts à nous acheter nos productions, ajustons-les à la demande. La récente réussite commerciale "du marché de Strasbourg" délocalisé au Japon démontre combien nous ne savons pas vendre et donc rendre rentable même une petite production.
La rareté est et restera toujours un argument justifiant le prix. Mettez-y la qualité (ce que nous savons faire) et vous avez de l'or dans les mains. L'exotisme est le troisième argument, c'est le parfum du produit et sa part de rêve, qui touche sa cible dans les pays asiatiques, alors pourquoi s'en priver ? La tâche est dure, mais vu les centaines de millions improductifs que l'on sait mettre ailleurs, les mêmes millions auraient provoqué des centaines d'emplois pérennes. Il en est de même concernant notre gastronomie et de notre musique, cela s'exporte. Pourquoi douter ? Nous le pouvons, il faut s'arracher de cette inertie idéologique, économique dans laquelle on nous a plongé.
Démographie, eau, gestion de l'eau, des énergies, service de prophylaxie, contrer les ravages de la mouche bleue, du vers blanc et du moustique "tigre", voilà des enjeux qui vont s'imposer à nos élus plus qu'hier. Ajoutez-y le chômage réel (155 000 inactifs ou en temps partiels, désirant travailler), les prix prohibitifs en alimentation avec le pouvoir d'achat moyen de la population, celui du billet d'avion, du réseau routier asphyxié par des goulots, de l'obligation de s'expatrier pour étudier ou juste passer un concours sont autant de contraintes à gérer quotidiennement. Ne devenons pas comme la Nouvelle-Calédonie où les extracteurs de nickel ont fait le choix énergétique d'usines qui produiront 9 fois plus de pollution qu'à Paris. D'ici peu, cet oasis (où plus de 90% de la flore est endémique) sera un endroit pollué juste pour des raisons purement financières, au détriment de la population, de son développement. Comment peut-on laisser des investisseurs prendre de telles décisions qui touchent l'ensemble d'une population ?
L'excellence de nos sportifs nous rappelle que le sport est un formidable moyen d'insertion mais ne suffit pas à ingurgiter tous les candidats. La fonction publique (enseignement, police, poste) sont des emplois à pourvoir en Métropole, alors qu'il suffirait de faire jouer la préférence régionale, non par favoritisme, mais pour lisser les difficultés et de libérer la moitié des postes laissés aux Métropolitains. Toutes les régions n'ont pas le même niveau et les mêmes priorités. Nous avons besoin d'enseignants (certains locaux sont au chômage) pour lutter contre l'illettrisme persistant (preuve que la préférence régionale s'impose), besoin de filières universitaires sur place pour éviter l'expatriation juste après le baccalauréat. Les voyages sont formateurs, mais quand vous n'avez même pas 50€ pour vivre par mois, ce n'est pas stabilisant.
Malgré la LBU (Ligne Budgétaire Unique) jamais épuisée chaque année, malgré la créance de proratisation sur le RMI des Réunionnais, nous sommes en retard de logements, et les mêmes attendent. Cette urgence en fait la première cause à défendre (car créatrice d'emplois) pour le développement de la Réunion, même si elle n'est pas de notre compétence régionale: On trouve bien des sujets où il y a empilements des aides et investissements, pour compétences identiques. la protection et l'acquisition de foncier, l'irrigation et l'électrification de ce foncier , l'acheminement numérique sont autant d'atouts qui peuvent accélerer les procédures de construction. C'est quand même un comble qu'à une époque, la question foncière ou du nombre insuffisant d'artisans a pu ralentir la construction de logements.
Une île touristique, suppose des structures, un personnel qualifié et bilingue et une implantation géographique cohérente. Cherchez l’erreur.
Trois à cinq établissements peuvent vraiment se vanter de mériter leur label, la plupart sont dans le Sud. Parmi le personnel, combien de salariés sont bilingues ? cherchez l’erreur.
Nous avons très peu de plages, l’une d’entre elles est squattée par des nudistes. Ces plages sont mal entretenues. Cherchez l’erreur.
Les gîtes et chambres d’hôtes sont plus acceptables concernant leur qualification. Pareil, combien sont bilingues ?
Après avoir cherché les erreurs on peut reposer la question essentielle: Quel tourisme veut-on pour la Réunion ? La beauté des hauts, les éruptions fréquentes du volcan de la Fournaise, les sports (canoë kayak, parapente, surf, vélo cross), les randonnées pédestres et équestres, les sorties en mer et la pêche au gros et la végétation endémique à travers des domaines dédiés sont des arguments. Reste à résoudre l’accueil, la diversité et la proximité des services. Mais les plages doivent être accessoires. S’en servir comme argument principal c’est provoquer à coup sûr la déception des touristes.
Vous voyez, tout est à refaire. Les bases sont mauvaises, car des retards inacceptables ont été pris. Comment avoir pu faire l’impasse sur le bilinguisme ? Au Baril, Saint-Philippe, le défunt Tesnières avait réussi à se faire une clientèle fidèle d’Allemands, car il maîtrisé parfaitement la langue de Goethe. Nous avons la chance d’avoir une communauté chinoise parlant parfaitement le mandarin. Ce qui devrait nous permettre de lancer une passerelle touristique vers la Chine. Utilise t-on toutes ces opportunités ?
Le tourisme intéresse aussi les intermittents, les producteurs et pêcheurs locaux, les restaurateurs, les loueurs de voitures, les guides, les entreprises d’animation, de loisirs et de services, l’épicerie fine, bref le tourisme c’est une formidable locomotive. Des investisseurs continuent de croire, mais que fait-on pour garder une progression constante ?
Mais il ne faut pas, qu’en plus de l’octroi mer, ce tourisme provoque la hausse des prix. C’est connu, le sac de commissions coûte plus cher à Saint-Gilles que dans le Sud. Ceux qui auront compris que la maîtrise des prix est indispensable pour ne briser l’attractivité touristique indéniable de notre île et tenir compte du change: 1,48$ vaut 1 euro, de quoi rebuter un amateur américain de pastèque: A 90$ l’unité, oubliez la vente. Lancez-vous dans les enchères ou allez vous installer à Dubaï. Quelle est cette logique économique qui consiste à maintenir des prix aussi élevés et quand le fruit est devenu invendable, il devient la bouffe des animaux de la basse-cour. C’est bien dommage.
Il est temps de passer à une vraie et efficiente synergie de services aux quatre coins de l'île afin de créer des séjours forfaitaires pour un maximum de services à disposition des structures hôtelières..
La politique de développement de notre île doit se faire selon un schéma respectueux de l’environnement et des priorités réelles avec les contraintes démographique, foncière, budgétaire et économique.. Entre le coût de la route du littoral d’avant et celle à venir, le basculement des eaux, la route des Tamarins, le tram-train, la MCUR on peut se demander si ces travaux ont nourri les espoirs et l’économie de notre île avec ces 12 milliards d’euros engagées ou restant à engager, soit 80 milliards de francs, soit 4.800 000€ le Km2, ou 14 925 €/ habitant sur la base de 804 000 habitants.
Les Régionales, c'est accéder à des fonctions où il faudra gérer des recettes et des dépenses, des priorités et leur cohérence. Ce seront des hommes et des femmes au service de l'intérêt général, travaillant avec pragmatisme et sans aucun à priori partisan. Chechez l'erreur